La société Eko est fondée par Oliviero Pigini (1922-1967) en 1959 à Castelfidardo. Issu de l'industrie de l'accordéon, O. Pigini comprend dès le milieu des années 1950 que l'avenir appartient à la guitare électrique et crée en 1956 une entreprise appelée GMI, consacrée à la vente par correspondance de guitares importées de Sicile mais aussi de Yougoslavie. En 1959 il se lance dans la fabrication maison sous la marque Eko. Celle-ci s'impose presque immédiatement comme le leader italien du secteur grâce à un catalogue complet de guitares (guitares acoustiques, jazz semi-acoustiques, guitares électriques) accessibles à un large public car positionnés dans le milieu de gamme.
L'explosion de la demande, principalement due à la soudaine floraison du rock'n'roll en Europe continentale, oblige Eko dès 1960 à passer à la fabrication industrielle. À la recherche de locaux plus importants, elle déménage vers la ville de Recanati et ne tardera pas à en devenir le principal employeur avec plusieurs centaines de salariés et autant chez les sous-traitants.
Eko exporte dès lors vers le monde entier, notamment aux USA, et se fait connaître surtout grâce à ses guitares plates recouvertes de celluloïd à paillettes. Leur esthétique originale et très voyante, très connotée yéyé, est restée un symbole de fantaisie à l'italienne. Les guitares des séries 500 et 700 (produites de 1962 à 1965) sont très recherchées par les collectionneurs. Eko produit également, dans les années 1965-1968, la quasi-totalité des guitares Vox, très en vogue à l'époque. L'usine de Recanati construit aussi des amplificateurs, des modules d'effets, et se diversifie dans les claviers électroniques. Eko grimpe ainsi à la première place du podium des fabricants européens d'instruments de musique, aux côtés de l'allemand Framus.
Malheureusement, le décès prématuré de monsieur Pigini en 1967 porte un très mauvais coup à la marque qui perd avec lui l'essentiel de sa créativité et Vox met fin à la collaboration en 1968.
Eko qui s'est tourné vers un public de musiciens amateurs se voit vite dépassée par les grandes marques américaines qui ont à nouveau accès au marché européen après le dernier embargo.
En 1985, Eko doit mettre la clé sous la porte, c'en est fini de la marque...mais, c'est sans compter avec le frère du fondateur L. Pigini, qui rachète l'entreprise en 1988 et en fait un acteur de pointe dans le domaine de la musique.
Aujourd'hui, Eko fait fabriquer ses instruments en Chine comme tous les autres...oui, oui, même certains luthiers réputés se sont pris au jeu...mais sur base d'un cahier de charges exigeant et garantissant une qualité de son, de finition et de confort de jeu digne des très grandes marques américaines pour un prix défiant toute concurrence.